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![]() Ambulance Services of New Zealand
Swiss visitor at Dunedin (South Island) |
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Malheureusement, je n’avais pas pu obtenir de jour de stage à Christchurch, ville principale de l’île du sud, malgré un nombre incalculable de coups de téléphone.
Un soir, j’avais décidé de m’arrêter à Dunedin (Otago) chez Alex, le propriétaire d’un B&B que j’avais rencontré quelques semaines auparavant.
Dunedin est une ville d’environ 100 000 habitants, située sur la côte est de l’Île du Sud, à quelques centaines de kilomètres au sud de Christchurch.
J’ai expliqué à mon hôte mes difficultés à finaliser un stage aux ambulances. Suite à mon récit, il a pris le téléphone et a appelé son voisin. Ce dernier s’appelle Pat et est paramedic aux ambulances de la région.
Ensuite, Alex était tout euphorique et m’a dit : « Va dans la boîte aux lettres de mon voisin. Sa femme y a laissé une clef de voiture. Prends sa voiture et rends-toi à St-John, le service d’ambulances. Tu passeras la nuit avec Pat… ! »
J’ai un peu halluciné… surtout quand je me suis trouvé en train de rouler dans une ville que je ne connaissais pas, avec une voiture neuve que je ne connaissais pas pour me rendre à un endroit que je ne connaissais pas et pour passer la nuit avec un paramedic que je n’avais jamais vu….
En fait, ce qui m’a impressionné, c’est la confiance qu’on me témoignait… j’aurais pu partir avec la voiture neuve ni vu ni connu…
Arrivé à destination, j’ai été surpris par la dimension de la centrale. J’ai vite compris que St-John est bien plus qu’un service d’ambulances.
Pat m’attendait devant la porte d’entrée. Il m’a accueilli de telle façon qu’on aurait dit qu’il me connaissait de longue date.
En fait, il était le chef de section de garde… j’aurais pu tomber plus mal… il n’est pas mal du tout le voisin d’Alex…
Arrivé dans leurs vastes locaux, j’ai été présenté au reste de l’équipe de garde qui venait de finir leur souper (dont le menu ne devait pas figurer dans un manuel de diététique)

Ce soir-là, il y avait 5 ambulanciers dont 2 centralistes.
Leur service est organisé comme suit :
Il se compose de 38 sauveteurs professionnels, renforcés par une vingtaine de volontaires. Ils assurent, en principe, trois ambulances la journée et deux la nuit.
D’autre part, ils doivent assurer, à tour de rôle, une permanence de deux personnes à la centrale d’engagement, 24h/24.
Il y a un chef de service (Chief Ambulance Officer), un sous-chef (District Manager) et 4 sections de 9 ambulanciers professionnels (un chef de section et au moins un autre paramedic)
Leurs tranches horaire sont de 12h, soit, en principe, 2x 7h19h, 2x 19h-7h compensées par 4 jours de congé.
Ce qui était surprenant ce soir-là, c’est qu’il n’y avait que 3 ambulanciers, si l’on soustrait les 2 centralistes. Dans un premier temps, ce détail ne m’avait pas perturbé.
Ayant à peine eu le temps de discuter, Pat est venu me chercher pour descendre au garage des ambulances. Je trouvais sympa de prendre l’initiative de me montrer le matériel… mais je me trompais…
Pat est quelqu'un de très sympathique, qui n’arrête pas de rigoler et de faire des gags. D’ailleurs j’ai cru à un gag quand je me suis trouvé assis dans une ambulance à la place du leader pour une intervention (non-urgente heureusement)… Même s’il était mort de rire, on partait bien en intervention et seulement lui et moi… Je l’aimais déjà bien Pat mais j’avais moins envie de rire que lui…
Arrivés sur place, nous sommes intervenus chez une gentille dame âgée qui était manifestement une habituée de la maison… Ce qui m’a frappé chez elle, c’est qu’elle avait des objets à l’effigie de St-John, comme par exemple un pendentif portant leur logo…
Pouvez-vous imaginer un patient, en Suisse, portant fièrement le symbole de son service d’ambulances préféré ?
Avant de faire son évaluation, Pat était tout fier de me présenter comme « Paramedic from Switzerland » mais la brave dame n’avait pas l’air de comprendre…
J’ai pu également me rendre compte qu’il n’existe pas de distinction entre les interventions : chaque équipage intervient sur les urgences aussi bien que sur les transports non-urgents.
Tous les ambulanciers ne sont pas Paramedic, certains professionnels ont une formation intermédiaire appelée ICO (voir formation). Ces derniers n’ont pas l’autonomie d’appliquer tous les protocoles.
Vu le manque d’effectif, il ne leur est pas possible d’assurer deux équipages complets tout le temps. Quand c’est le cas, le Paramedic reste seul dans un véhicule et « renforce » un autre équipage d’ICO s’il le demande, à la manière d’un SMUR.
Si toutes les équipes sont occupées, le paramedic intervient seul dans un premier temps, en sachant que la première ambulance disponible le rejoindra.
Tout équipage arrivant sur site se doit de transmettre un bilan rapidement à la centrale d’engagement, sans quoi cette dernière le contactera.
Le service dispose également de plusieurs véhicules légers pour les divers responsables afin qu’ils puissent se rendre sur certaines missions comme un événement majeur par exemple.
Pendant les jours qui ont suivi, j’ai eu l’occasion de participer à quelques interventions urgentes, comme troisième homme cette fois. J’ai été particulièrement surpris par le calme et le professionnalisme des ICO. Bien qu’ils n'aient qu'une formation intermédiaire, ils sont expérimentés (voir formation)

Order of St-John
Outre les missions préhospitalières, les membres de St-John sont chargés d’assurer la formation en soins d’urgence dans les entreprises ou à la population; parfois même dans la rue comme à Christchurch ci-dessous :

Ils assurent également les gardes sanitaires dans les manifestations.
Le plus impressionnant, c’est que tout ceci fait partie d’une stratégie globale, allant de la prévention à l’application des soins, dans le but d’améliorer efficacement la survie de la population.
