Patient inconscient puis agité...
ANAMNESE : peu avant 11h30, un homme de 70 ans ressent des céphalées. Il prend une aspirine et s'assied dans un fauteuil. Quelques minutes après, son épouse entend des râles et trouve son mari inconscient, affalé dans son siège, avec un visage bleuâtre et une sialorrhée.Arrivée de lambulance et de la médicalisation : mis en PLS, GSC 9 (4-1-4), couleur de peau sans particularité.
Après quelques minutes, agité, agressif, oppositionnel, désorienté. Il se lève, ouvre la fermeture à glissière de son pantalon et urine sur le tapis. Debout, présente des troubles de léquilibre. Balbutie quelques mots. C'est son premier épisode.
PARAMETRES : Glasgow à 9, pupilles isoréactives, FR 14/min., SpO2 92 %, respiration normale, FC 80/min., TA syst. 198, recoloration capillaire < 2 sec., glycémie capillaire 9,4 mmol/1. Trop agité pour faire un ECG.
MESURES PRISES : glycémie capillaire, TA, pose d'une VVP qu'il arrache. Fait appel à une patrouille de police pour l'emmener, sous contrainte, vers l'ambulance. Il est solidement attaché sur le brancard pour le transport. Oxygénation.
EVOLUTION : Toujours agité. Pas d'évolution particulière durant le transport à lhôpital, il est installé dans un lit et immobilisé avec les sangles ad hoc.
EEG et scanner cérébral ne révèlent aucune particularité.
Diagnostic : diabète insipide néphrogénique.
Cette pathologie engendre une résistance des tubules rénaux à l'hormone antidiurétique (ADH = vasopressine). Les cellules cibles des tubules ne répondent plus à l'ADH, ce qui entraîne une perte d'eau (sans électrolytes), ainsi qu'une hyperosmolarité et une hypernatrémie notamment. Les cellules cérébrales souffrent d'une déshydratation et sont irritées, ce qui conduit à des troubles comportementaux, voire même des crises d'épilepsie.
Commentaires du médecin-conseil de Swissrescue, le Dr Jean-Cyrille Pitteloud :
Ce cas nous rappelle qu'un comportement délirant survenant brusquement chez un patient sans antécédents psychiatriques signe une intoxication ou une cause organique jusqu'à preuve du contraire...